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Présence vietnamienne au Chapiteau du Livre de Saint-Cyr-sur-Loire

Présence vietnamienne au Chapiteau du Livre de St Cyr

La 6ème édition du Chapiteau du Livre de St Cyr/Loire s’est achevée sur un succès mérité, offrant cette année un accès neuf à la littérature vietnamienne. Cette présence faisait partie des diverses activités de l’« Année Croisée » permettant la promotion d’un Vietnam ouvert. L’Association Touraine-Vietnam, qui œuvre par ailleurs pour l’accueil et l’aide des jeunes étudiants vietnamiens dans notre pays, avait donc convié des auteurs très concernés par l’histoire et l’évolution du Vietnam dans le monde d’aujourd’hui.

Si Pierre Journoud, docteur en histoire, professeur à la Sorbonne, chercheur à l’IRSEM,  s’est excusé d’un empêchement de dernière minute, il a promis d’être là l’an prochain pour évoquer sa vision de relations internationales et diplomatiques sur l’Asie sous De Gaulle. Nous l’attendrons avec impatience.

Sous le chapiteau des écrivains, Thi Hao TRAN, docteur ès-lettres du l’Université Paris-Sorbonne, professeur de français et de littérature française à l’Université de Hanoï, professeur de vietnamien et de littérature vietnamienne à Paris, professeur à la Sorbonne, présentait quelques uns de ses ouvrages : « la jeune fille et la guerre » ou « une introduction à la connaissance du Vietnam ». Elle défend avec force et douceur son pays en pleine mutation, ouvert aux cultures et aux technologies, convaincu de la place forte qu’il dessine dans le monde de demain. Et pour y parvenir, filles et garçons n’hésitent pas à voyager et apprendre hors de leurs frontières.

On retrouve cette même force d’épanouissement et de curiosité, dans la littérature que défend Cam Thi DOAN. Professeur à l’INALCO, elle est écrivaine et traductrice. Vive, pétillante, dans un français parfait, elle exprime l’importance de la littérature française au Vietnam. Connaître les auteurs classiques : Duras bien sûr, Balzac, St Ex, Hugo, Houllebecq, etc., c’est s’assurer l’ouverture de nombreuses portes. Cette connaissance classique qui forme l’esprit à l’ouverture et à l’application. C’est donc atteindre des moyens d’expression développés pour écrire soi-même. Ce qui explique entre autres, la grande variété des romans traitant de la nouvelle vision de société que la jeune génération entend développer. Il faut sortir des clichés dépassés et innover. La gente féminine, très prolixe en la matière, affirme par l’écriture ne plus dépendre de toutes les traditions, mais vouloir tracer son propre avenir. Un léger vent de liberté... Il n’en fallait pas plus pour que Cam Thi DOAMI soutienne l’écriture de la nouvelle génération et la fasse découvrir. Elle se fait traductrice (français/vietnamien ou vietnamien/français) et créée les éditions Riveneuve.

Conférence de Cam Thi DOAN au Chapiteau du Livre de Saint-Cyr-sur-Loire

Conférence de Cam Thi DOAN au Chapiteau du Livre de Saint-Cyr-sur-Loire

En 1999, elle traduit « la douleur » de Marguerite Duras. Et des auteurs vietnamiens en français bien évidemment. Une démarche parfois plus complexe qu’on l’imagine car la langue vietnamienne est surtout monosyllabique, avec des phrases courtes, allant à l’essentiel. Traduire du vietnamien en français semble relativement accessible, mais traduire Proust en vietnamien relève du génie.

Les explications concernant la difficulté de traduire sont nourries, rappelant l’origine de la langue vietnamienne. Mais la passion demeure. Lire, traduire, transmettre, échanger, se découvrir et se comprendre : Cam Thi DOAn est intarissable. Avec intelligence et conviction.

Lisez « Chinatown » de THUAN, jeune auteure pleine de talent, ou « l’embarcadère des femmes sans mari » et vous aborderez, via la littérature, la connaissance d’un pays où 30 % de la population à moins de trente ans, l’envie de s’exprimer et une volonté farouche de réussir.

Voilà une réelle découverte, associée au plaisir d’approcher des écrivains avérés. Nous remercions l’Association Touraine-Vietnam,  et plus particulièrement Monique Domise, pour avoir permis ces rencontres enrichissantes.

Brigitte Moelleo